Au Calumet, rue David d’Angers, je découvre qu’Onfray est un naze…
Je passe souvent devant le Calumet. Parfois je m’y arrête pour acheter un petit cigare. On est plutôt bien accueilli. Aujourd’hui j’ai cueilli au vol cette vérité foudroyante assénée par un homme au comptoir: « Souvent quand c’est pas dans l’un, c’est dans l’autre ». J’ai soudain détourné le regard pour observer l’auteur de cette maxime et je dois avouer que j’ai été un peu déçu par son apparence de bougre un peu écrasé par la vie. N’empêche que la saillie était puissante, même si elle s’adressait à la patronne qui cherchait une place dans un présentoir pour y insérer une poignée de journaux. Il faut que je pense à m’acheter les œuvres complètes de Jean Marie Gourio. Michel Onfray ne lui arrive pas à la cheville.
Ça n’a pas l’air comme ça, mais à ce carrefour: Le Calumet, Onfray, Rue David d’Angers, je pourrai écrire une nouvelle. Je pense que je l’intitulerai: « Psychanalyse existentielle du cigarillo ». Après tout… et si on se mettait à parler de toutes ces choses qu’on pourrait faire ou qu’on aurait pu faire si on avait voulu. T’en penses quoi Nat? Je sais tu pourrai me dire que l’homme n’a pas nécessairement conscience de la portée philosophique de ce qu’il dit. Ou bien que lorsqu’il dit l’un, il ne dit pas l’Un et quand il dit l’autre il ne dit pas l’Autre. Mais tu avoueras que quand même cette phrase claque et que peu importe d’où elle vienne, il va la chercher quelque part et il nous livre quelque chose.
Je crois que j’aurai aimé qu’à ce moment là, il redresse le torse et jette un regard fier à l’assemblée. C’est ça au fond qui est triste. Un homme a un trait de génie et il ne s’en rend même pas compte. Pire, personne ne lui répond.

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