Frédéric Mitterand victime de « l’illusion biographique »
…et du culte de la transparence.
Pour être honnête, j’ai été choqué, moi aussi par la prise de position très rapide et très « impliquée » de Frédéric Mitterand à l’annonce de l’arrestation de Roman Polansky en Suisse. A ce moment, je ne savais rien des tenants et des aboutissants de l’affaire, et avant même de préciser le contexte, le ministre fraichement émoulu, prenait fermement et avec quelque émotion, parti pour le cinéaste. J’aime l’oeuvre de Polanski, j’attendais d’en savoir plus sur l’affaire. Vint la suite et je me dis qu’effectivement, on pouvait s’interroger sur l’acharnement d’un juge alors que les faits sont prescrits et que la victime d’alors a depuis longtemps retiré sa plainte. J’aimerai bien que Madame Le Pen s’émeuve avec autant de verve pour tous les prêtres pédophiles qui courent encore. Mais quand même! le lièvre qu’elle soulève risque de courir lui aussi bien longtemps. Je n’ai pas lu « la mauvaise vie » de Frédéric Mitterand, mais les passages cités sur le plateau de France 2 (Mots croisés du 5 10 09) par Marine Le Pen, semblent bien attester de pratiques et non de phantasmes comme Yves Calvi semble nuancer. Il suffit d’ailleurs de regarder les deux autres interventions télévisées de Miterrand dans le lien qui suit pour se convaincre qu’il parle bien de ses pratiques. Il distingue bien néanmoins entre « garçons » et « petits garçons ». « Vous êtes vous même un très joli graçon monsieur Olivier Gisberg… » déclare-t-il et cela nous rassure un peu.
Qu’un homme de la stature de Mitterand couche par écrit son amour des jeunes garçons thaïs et la jouissance qu’il retire de son pouvoir de les « acheter » comme des « éphèbes au marché d’esclave », me fait penser qu’il est totalement victime du culte de la transparence qui sévit de nos jours. Une « illusion biographique » qui consisterait à penser que dès lors que vous racontez sincèrement votre vie, vous faites œuvre littéraire et contribuez au patrimoine collectif. Au fond, c’est vrai qu’il y a des précédents célèbres mais le Marquis de Sade écrivait ses phantasmes dans un cachot de la Bastille et n’avait vraiment rien à perdre. Au fond, je trouve immonde ces pratiques de tourisme sexuel, mais je trouve qu’il faut être soit complétement con, soit totalement inconscient (soit les deux) pour aller les raconter dans un ouvrage biographique et penser en tirer une plus-value artistique. Venant d’un « artiste maudit » passe encore, mais quand on se targue d’être ministre, ça pose problème. A moins qu’on revienne à l’ère des Borgias.
Voir l’intervention de Marine Le Pen sur arrêt sur image
Articles sur le même sujet:
- Quai des Carmes
- Tiken Jah Fakoly chante la Françafrique
- Forum éducatif aux Trois-Mâts.
- S barré ou la plaque de verglas du langage
Suivez nous sur Facebook
Suivez nous sur Twitter