Un article de Jean-Claude Thierry



rochemenier


rochemenier


Extraits de Carnet de Notes - 26 novembre 1999 - Habitat en cave - Grézillé en Maine & Loire- 14 heures, nous passons à Brissac-Quincé, et nous dirigeons vers la commune de Louresse-Rochemenier; la région est assez plate tout juste apercevons-nous sur notre droite, vers le nord/nord-w quelques terrains à l’horizon d’une altitude plus élevée de quelques dizaines de mètres. Il fait du soleil et les terres fraîchement labourées prennent une couleur banche-ocre jaune, dorée. Le village de Rochemenier est situé à l’écart de la route principale conduisant à Doué La Fontaine. Ce village est lui-même à l’écart de la petite route que nous avons empruntée depuis la commune de Louresse. Il est composé de deux rues partant de l’entrée du village et se rejoignant 200 mètres plus loin, à la sortie du village. Il n’y a personne dans les rues. Ses rues sont bordées de murets derrière lesquels nous voyons des maisons de couleur crème et leur cour, assez grande. Des pancartes nous indiquent un restaurant, le musée, la visite des troglodytes. A une extrémité du village se trouve une grosse maison, plus haute que les autres, encadrée de petites tours, ceinturée de murs tandis qu’à l’autre extrémité se trouve une petite église en bordure proche de la route, peu haute et au clocher sans flèche mais coiffée d’une large voûte massive de pierre abritant la cloche.Nous nous engageons à pied dans les rues. Les habitations sont concentrées dans cette boucle formée par ces deux rues. Derrière les murets haut d’un mètre environ, nous remarquons qu’auprès des maisons il y a souvent une descende conduisant à une cour en creux, plus basse de 6 à 10 mètres. Autour de ces fosses , circulaires ou allongées de plusieurs dizaines de mètres, se trouvent des entrées de caves creusées à même la parois, une roche apparemment friable de couleur ocre jaune, presqu’orangée et composée de particules agglomérées, le falun, disent-ils. Il se dégage, devant ces multiples entrées convergentes sur cette cour centrale, qu’une vie souterraine doit être dense, une sensation de “secret”, de l’ordre de “l’insolite” nous envahit. Cet assemblage maison et fosse semble faire une unité. Toutes ces entrées creusées ne sont pas semblables. Certaines ressemblent à des entrées de tunnel, ce sont des grottes voûtées, elles semblent abriter des machines agricoles et du bois. D’autres ont leur entrée fermée par un mur de pierre semblable à la roche et sont équipées d’une porte. D’autres enfin comportent une porte et une petite fenêtre. Au dessus, ce sont des terrains. Ils servent à l’agriculture en grande majorité mais parfois ces caves sont situées sous les rues du village. Sur les terrains, au-dessus des caves, nous remarquons des constructions rectangulaires, hautes de 1 à 2 mètres, coiffées d’une pierre, ce sont les conduits de fumées des caves du dessous.

suite de l'article de Jean Claude Thierry