Monsieur Sarkozy, de qui vous moquez vous?
Par philmouss, à 07:59 le 25/04/2008. | General | #195 | RSS
Monsieur Sarkozy, tout d'abord, j'ai envie de vous dire que vous m'avez plutôt bien impressionné hier soir. Vous aviez de la présence, de l'authenticité, une réelle capacité à vous remettre en cause et vous avez mis votre dernier adversaire ko au premier round. Tout cela sur le plan de la communication j'entends. Mais bon, c'est plutôt flatteur de sentir qu'on a face à soi un adversaire à la hauteur et là vous avez repris un peu de hauteur dans la façon d'incarner le personnage. Mais aviez vous, à part Yves Calvi, de réels adversaires? Car, lui au moins par deux fois a su vous faire vaciller dans vos bottes. Il a du répondant le bougre et il a eu magistralement le dernier mot sur la question cruciale de la laïcité. Il fallait laisser Yves Calvi sur les questions internationales, lui n'aurait pas mordu le sol au premier échange.
Mais pour en venir au fond, au contenu de vos interventions, Monsieur Sarkozy, de qui vous moquez-vous? Est-ce que vous nous prenez pour des imbéciles? Reprenons quelques points qui parurent saillants dans vos propositions: 1) le rsa pour 2009, dont vous nous dites qu'il devrait coûter 1 milliard et demi d'euros. Ce qui, au passage ne représente pas le tiers de ce que peut perdre une simple banque en une seule journée. Vous proposez donc, pour les plus démunis une mesure phare qui coûtera un milliard et demi d'euros quand on estime le train de mesures du "paquet fiscal" entre 11 et 15 milliards d'euros. Vous dévoilez bien votre véritable échelle de valeurs. Vos trémolos dans la voix pour les veuves et la retraite des paysans n'y font rien. Vous n'avez pas convaincu le rmiste aujourd'hui. Il y avait pour vous urgence à dépenser 15 milliards pour ceux de votre classe. Les pauvres attendrons encore jusqu'à 2009 qu'on ait fini les petits calculs. Franchement je rigole, mais je rigole jaune.
Prenons un autre point: la réforme de l'éducation nationale, et là , je dois dire que je suis d'accord avec vous sur certains points. J'ai bien aimé votre argument du qualitatif plutôt que du quantitatif. Mais ça, faites le demain, augmentez les profs de 20%, faites le vraiment et ils vous croiront. Parce que, Monsieur Sarkozy, il y a une chose: l'enseignant, lui, sait faire une règle de trois, mais la ménagère, elle, sait compter et elle aura bien perçu qu'elle devra encore se serrer la ceinture.
Prenons un autre point, le Grenelle de l'environnement. Là , vraiment monsieur Sarkozy, vous êtes le président de la tchatche. Parce que votre Grenelle, franchement c'est la montagne qui accouche d'une souris. Vous faites débattre tout le monde pendant des semaines, mais au final, alors que sur un des sujets les plus sensibles on sait que les français, ne veulent pas des OGM, vous laissez vos amis les industriels décider et vous réussissez de justesse à placer un misérable amendement qui n'empêchera pas les cultures ogm de contaminer toutes les autres et la partie est gagnée pour Monsanto & co. Sur ce coup là Monsieur Sarkozy, vous montrez qui gouverne réellement.En fait l'environnement n'a pas besoin d'un Grenelle, il a besoin d'un plan Marshall. Le plan Marshall, c'est ce qui a permis de reconstruire l'Europe après la guerre et c'est ce qui a permis également les fameuses "trente glorieuses". Je suis un démocrate, mais quand je vois de telles parodies de démocratie: on donne la parole aux gens pour ne rien en faire, je me dis que là , il vaudrait mieux un monarque éclairé qui décide seul contre les puissances industrielles dominantes mais dans l'intérêt de tous.
Quand je dis ça, je pense à de Gaulle et j'en viens à la question cruciale de l'atlantisme. Là aussi monsieur Sarkozy, vous nous avez enfumés avec vos accents dans la voix quand vous parliez des femmes afghanes pendues sur les stades et je suis d'accord avec vous sur ce point. Il fallait définitivement casser la gueule aux talibans. C'est précisément ce que n'ont pas fait les américains qui ont préféré mettre l'Irak à feu et à sang dans une guerre qui n'a aucune légitimité. Et là , Chirac et de Villepin avait noblement tenu et nous avaient rendus fiers de notre héritage gaulliste de non allignement. C'est ça qu'on aurait souhaité vous entendre dire monsieur Sarkozy. Il n'y a pas eu un mot de critique pour l'administration Bush, ça c'est de l'alignement. Même si il il faut ne pas baisser les bras devant les talibans, le problème, c'est que les russes se sont fait rosser la bas avec 170.000 hommes, alors on est loin du compte avec 70.000 soldats aujourd'hui. Ce que n'a pas su vous dire votre interlocuteur, c'est que ce n'est pas avec les talibans qu'il s'agit de discuter aujourd'hui mais avec les chefs de tribus pachtounes, ce qui n'est pas exactement la même chose. Vous le savez d'ailleurs très bien, mais vous avez su rapidement moucher celui, là . (décidément, où sont ils aller le chercher?)
Voilà monsieur Sarkozy, il y aurait encore beaucoup à dire mais je fais confiance à d'autres pour le faire. Je suis plutôt content que vous aillez pris de la hauteur dans la façon d'incarner le pays, mais je ne suis pas rassuré pour autant. Après vous avoir entendu hier soir et vous avoir vu gouverner pendant un an, je sors renforcé dans l'idée que Marx n'est pas si ringard que ça. Le concept de lutte des classes est plus que jamais d'actualité. J'en appelle donc à la "classe des gens modestes et des exclus", il faut désormais nous battre pied à pied si nous ne voulons pas vous laisser, vous et ceux du château vous partager entre vous les brioches et continuer à mettre la planète à sac.
sur le paquet fiscal et «projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat»
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