On peut rire de tout tout court ?…
Desproges, même si on ne peut pas le soupçonner d’antisémitisme, est dans ce sketch d’un humour que l’on pourrait qualifier de borderline. Même s’il a combattu Le Pen avec la même férocité, ce que faisait Dieudonné au début, je comprends que ce sketch puisse ne pas faire rire, même si moi il me fait rire. Et puis il n’y a pas que ce que l’on dit il y a aussi la manière de le dire et avec quelle intention. Et c’est là que se fait toute la différence. Quand Dieudo fait son sketch chez Fogiel, sketch limite et assez mal préparé, à l’époque il n’est pas encore pour la presse, antisémite et on lui est violemment tombé dessus. Je me demande ce qui serait arrivé à Desproges s’il avait fait chez le Fogiel de l’époque le sketch qui suit. Quand la censure morale implicite ou explicite décide de ce qui n’est pas drôle parce qu’il n’est pas de bon ton d’en rire, la liberté d’expression commence à en prendre un coup. Le point commun de tous les régimes autoritaires et y compris des régimes démocratiques autoritaires est de trouver que ce qu’il y a de plus subversif : c’est le rire quand il ne va pas dans le sens de ce que veulent les pouvoirs et les lobbys. Ce qui faisait rire hier scandalise aujourd’hui et on ne s’autorisera même plus à en rire sous peine d’être sanctionné réellement ou symboliquement par certains de ses concitoyens en faisant des procès à tout vent. Attention qu’un jour on ne puisse plus rire que de ce que la justice ne nous autorise à rire.
Articles sur le même sujet:
Suivez nous sur Facebook
Suivez nous sur Twitter