Le bureau de poste de La Ménitré menacé de disparaître
Euh, sur le blog des Z’angevins, on peut aussi parler des ruraux de la campagne ?
Amis urbains, le bureau de Poste est une espèce en voie de disparition dans nos campagnes. Chut ! ne faites pas de bruit, ils ferment les uns après les autres, dans la discrétion… Et çà se passe comment ?
La Ménitré, petite commune rurale de 2100 habitants, à mi chemin entre Saumur et Angers. Courrier reçu par le maire en avril 2010 :
« Monsieur le maire,
Votre bureau de poste voyait en moyenne 57 clients par jour en 2007, 55 en 2008. La fréquentation est tombée (!!!) à 52 clients par jour en 2009.
Nous sollicitons un rendez-vous avec vous afin d’envisager l’évolution de la présence postale dans votre commune suite à la fermeture de votre bureau en juin. »
Le maire reçoit alors une petite délégation de la Poste, des experts en négociation, au discours bien rôdé. La machine est lancée : la Poste demande au Conseil Municipal s’il est pour ou contre la création d’une agence postale, géré en direct par la Mairie, contre la modique somme de 800€ par mois, pendant 5 ans, après on verra… sinon, il propose de refiler le service à un commerçant, contre un pourcentage du chiffre d’affaires généré plus un petit fixe.
Il n’est pas même question de savoir s’il convient ou non de fermer le bureau, la décision est déjà prise.
« Mais, Monsieur le maire, nous ne sommes plus une entreprise publique. Votre bureau de poste n’est plus rentable. »
Le vilain mot est lâché : rentabilité. Le Maire de la Ménitré de rétorquer :
« La poste est un service public de proximité indispensable à nos habitants. En plus il y a 5 ans, vous nous avez demandé d’effectuer des travaux dans le bureau : la note s’est élevée à près de 40000€, à la charge de la commune ! »
Réponse de l’équipe de négociateurs : « mais nous ne voulons pas retirer la poste de votre commune, nous proposons simplement faire évoluer sa présence…» Apprécier la nuance s’il vous plaît !
Recette de la fermeture d’un bureau de poste :
A préparer de longue date. Cibler un bureau, mais surtout pas 2 bureaux dans le même secteur, les communes visées doivent restées isolées. Commencer par une modification des horaires d’ouverture, soit le matin, soit l’après-midi. Ensuite, retirer toute la clientèle professionnelle, qui sera désormais traitée par un autre bureau de Poste. Si la recette est bien respectée, la fréquentation du bureau devrait alors commencer à baisser. Envoyer ensuite un courrier au Maire de la commune considérée. Dépêcher l’équipe de négociateurs qui proposera une évolution de la présence postale. Centrer le discours sur le maintien du service postal dans la commune et non sur la présence d’un bureau de Poste.
Alors que faire ? s’insurger ? résister ? mais difficile sans potion magique…
Un collectif d’habitants s’est monté à la Ménitré, il résiste, multiplie les actions d’information, de sensibilisation. Les habitants suivent et soutiennent, pour l’instant… Le Maire, lui aussi, tente de résister, contacte nos députés, les conseillers généraux… Mais les réactions sont étonnantes : « un député : mais çà marche très bien les agences postales ! (sic)»
Vous pouvez soutenir cette lutte pour le maintien des services de proximité en zone rurale et contribuer sur : http://collectif-poste.lamenitre.over-blog.com/categorie-11454570.html
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