Rencontre devant le tribunal avec Hervé Eon et M’Hamed Bellouti

Hervé Eon, photo cc by no com Philmouss

Hervé Eon

Je suis arrivé après l’audience au tribunal d’Angers mais j’ai eu tout de même le temps de rencontrer Hervé Eon et de discuter un peu avec lui. Hervé Eon, 56 ans voyait donc son affaire jugée en appel aujourd’hui. L’ancien conseiller général de la Mayenne est poursuivi pour le crime « d’offense au président de la république ».

« J’habite près de Laval, me dit Hervé Eon. J’ai travaillé 18 ans chez Thomson et puis dans le social où j’ai été directeur d’un centre d’hébergement. J’ai été surpris par la dernière question du juge: « si vous acceptiez l’idée d’être coupable, seriez vous prêt à présenter vos excuses au président? » Le tribunal a requis 1000 euros d’amende. Rendez-vous au 24 mars pour le délibéré…

J’ai pu également échanger avec quelques membres du comité de soutien, notamment M’Hamed Bellouti, « victime » malencontreuse de la fameuse « affaire du scooter » qui est originaire de Saumur et Jean Jacques Reboux, éditeur qui est à l’origine du COllectif pour une DEpénalisation du Délit d’Outrage, le Codedo.

le camion du comité de soutien à Hervé Eon

M'hamed Bellouti

M’hamed Bellouti (son comité de soutien)

Un extrait de l’ouvrage de Jean Jacques Reboux et Romain Dunan: Lettre ouverte au garde des sceaux pour une dépénalisation du délit d’outrage:

Notre propos, nous le savons, s’inscrit à contre-courant dans le contexte actuel du tout-répressif : lois Perben-Sarkozy, multiplication des manquements à la déontologie de la part de fonctionnaires de police constatés par la Commission nationale de déontologie de la sécurité, multiplication des condamnations pour outrage et rébellion, utilisation de ces délits pour couvrir des violences policières de plus en plus banalisées, instrumentalisation des statistiques de la délinquance, du taux d’élucidation des crimes et délits, culture de résultat imposée aux policiers, institutionnalisation de la chasse aux sans-papiers, répression des militants des associations les défendant, conditions de détention inhumaines dans les centres de rétention, peines-planchers, loi sur la récidive, sans parler du rétablissement du délit ubuesque d’outrage au drapeau – dans un pays où, rappelons-le, il est fortement question de dépénaliser le droit des affaires !

http://codedo.blogspot.com/

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