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Révolution égyptienne, silence assourdissant sur les réseaux sociaux angevins

photo cc Al JeezeraLes partisans de Moubarak viennent de semer la violence au Caire  en attaquant les manifestants à coup de pierre à dos de chameau et   les événements semblent prendre une tournure inquiétante.  Je ne peux m’empêcher de témoigner de mon étonnement sur le peu d’intérêt que les réseaux sociaux et l’internet angevin en général a jusque là montré à l’évènement. Sur Facebook, le seul commentaire que j’ai pu avoir à mes différents posts sur twitter (ma page Facebook relaie mes twitts) a été pour me reprocher d’en parler sur un blog censé parler d’Angers et dire que nous devions « laisser faire les égyptiens ». En fait, à part une vidéo reprise sur la page d’accueil, je n’avais rien écris sur le sujet sur le blog.

Au risque de déplaire à ce lecteur, je pense non seulement que  je  dois  en parler, en tant que blogueur mais je dois aussi dire mon dégoût de voir les réseaux sociaux continuer avec leur petit narcissisme quand des évènements aussi importants historiquement se produisent  chez nos voisin du Maghreb. Ceci d’autant plus que les réseaux sociaux ont précisément joué un rôle très important dans la mobilisation et la prise de conscience des égyptiens de la nécessité d’en finir avec un régime tyrannique qui torture sans pitié ses opposants. Voir le blog « we are all Khaled Said » lancé en appel à la résistance après l’assassinat horrible du jeune Khaled Saïd, coupable d’avoir mis en ligne sur son blog des révélations sur les tortures du régime Moubarak.

C’est assez drôle par ceque lorsqu’on tape angers dans Twitter actuellement on peut notamment trouver  des liens vers  « this angers me » en anglais, qui se traduit par: « cela me met en colère ». Alors à Angers, sur l’internet, on reste placide, distancié, on ne partage pas le moindre du monde la colère d’un peuple opprimé. C’est sans doute dû aux grandes facultés d’analyse qui permettent de « mettre à distance » un objet aussi complexe. A moins que ce ne soit je ne sais quelle peur: prendre partie, se risquer à une opinion, se sentir coupable de sa dernière croisière sur le Nil?  Le silence sur la révolution tunisienne était inquiétant, celui là me semble assourdissant.

Ça fait un moment que je me dis ça en comparant les medias anglo saxons avec les nôtres par exemple, il me semble qu’en France nous enseignons la démocratie mais que nous formons à l’obéissance et à la docilité. La démocratie ce n’est pas un beau discours théorique, c’est la capacité que j’ai à prendre la parole et à  laisser autrui la prendre. Les tunisiens et les égyptiens qui prennent la parole pour réclamer la liberté et le départ du tyran, c’est une leçon de démocratie.  J’entends bien que les dangers sont là de reprise autoritaire par l’armée ou telle faction extrémiste, c’est rigoureusement ce qui c’est passé à la Révolution avec la terreur des comités de salut public. Il nous a fallut  encore un ou deux rois et deux empereurs pour parvenir à stabiliser un système démocratique encore loin d’être parfait. D’autre part, je ne crois pas que la jeunesse du Maghreb veuille d’un régime à l’iranienne.  Alors je  le redis, non seulement nous devons parler de ces évènements sur le web angevin, mais ne pas le faire c’est d’une certaine manière se rendre complice des oppresseurs. Je soutiens le peuple tunisien et le peuple égyptien et ceux à venir dans leur marche vers plus de liberté, de pluralisme et de démocratie.  Je suis blogueur parce que je crois au pouvoir libérateur de la parole. J’attends vos réactions et vos commentaires et il est bien entendu que je ne vous demande pas d’être de mon avis.  Mais alors exprimez-vous sur la question! Et puis je n’ai certainement pas non plus tout vu alors si vous avez publié sur cette question sur le web angevin, n’hésitez pas à me donner tort!

(photo cc Al Jazira)

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