Salaires : la tension monte
un article du blog d’API
Gare à la contagion. Les négociations salariales annuelles se sont envenimées dans plusieurs entreprises régionales, suscitant des grèves inhabituellement longues. Au centre des mécontentements : la question du pouvoir d’achat, thème privilégié dans le débat politique et réalité palpable pour les salariés. Chez Valeo éclairage, premier employeur privé du Maine-et-Loire, le travail a repris après 14 jours de grève mais le conflit reste larvé. La direction campe sur une augmentation de 2,1 % face aux 4,5 % demandés par les salariés. L’écart est plus restreint chez Yves Rocher (0,6 %), mais il a suffi pour provoquer une grève très suivie. Des mouvements s’observent dans des sociétés socialement calmes, notamment dans l’agroalimentaire. Restreinte chez Fleury-Michon, la grève a duré dix jours aux Cerqueux-de-Maulévrier chez Pasquier, leader français de la brioche qui se dit pris en étau entre la baisse des prix et la hausse des matières.
Le malaise ne touche pas seulement l’industrie. Il est profond dans la grande distribution où le mécontentement prend de l’ampleur, en dépit de la répression syndicale courante dans ce secteur. La tension est montée d’un cran dans le secteur bancaire où la grogne, observée notamment au Crédit agricole et à la BPO, dépasse la seule question du pouvoir d’achat. « La course aux objectifs commerciaux génère des pratiques de management agressives et parfois proche du harcèlement. Le stress devient monnaie courante », affirme la fédération CGT des syndicats de la banque et de l’assurance.
Directeur général de la BPO et président de la fédération régionale des banques de Bretagne, Yves Breu ne nie pas le phénomène. « Au début, les revendications ont porté sur le pouvoir d’achat et, ensuite, elles se sont focalisées sur les conditions de travail, le stress. Nous constatons que ce sont les salariés les plus jeunes qui se mobilisent sur le pouvoir d’achat, tandis que les plus anciens sont davantage sensibles à la question du stress au travail, notamment avec le redéploiement informatique. » Finalement, le manque de main d’œuvre permet parfois de pacifier les relations. Selon la CFDT de Loire-Atlantique, des hausses de 3 % et au-delà s’obtiennent, notamment dans la métallurgie où les entreprises n’ont pas d’autres choix que de s’attacher les compétences nécessaires pour faire face aux trois années de forte charge à venir.
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