Travaille pour obéir et obéis pour travailler (en réponse à Philmouss)
Bien sûr que le travail est peut-être source d’épanouissement, bien sûr qu’il y a des beaux métiers, bien sûr que notre civilisation permet de réaliser de grandes choses. En fait le problème est de créer un système où la rentabilité est le maitre-mot où le travail est presque exclusivement au service de l’économie. Au service de la croissance et l’acquisition de territoires économiques. Le monde entier est en guerre économique. L’organisation de notre civilisation fait que l’activité qui nous permet de manger ne comporte plus beaucoup de plaisir. Libraire c’est un beau métier, mais libraire quand sans cesse tu dois faire ton chiffre, sans cesse tu dois remplir des objectifs infaisables et volontairement infaisables ; et même si tes résultats sont meilleurs que l’an passé, il sont en dessous de l’objectif que l’on t’as donné. Le travail n’est ni beau ni laid, la question est de savoir s’il a du sens. Produire pour produire, créer des besoins dont nous n’avons pas besoin, dont nous devenons dépendants. Parce que le but n’est pas de chercher à vivre ensemble le plus harmonieusement possible. Une grande majorité d’entre nous est conditionné et se conditionne dans l’idée que la réalisation du bonheur passe avant tout par la réussite sociale familiale économique. Et cela crée forcément des classes, des hiérarchies et des oppressions. Tu dois travailler pour moi comme je te le dis et si tu ne travailles pas pour moi comme je te l’impose, un autre travaillera pour moi. C’est moi qui compte, le développement de mon moi. C’est mon autosuffisance. On leur donne du travail à ces pauvres gens, ils devraient s’estimer heureux. Le prince te fait l’aumône, le prince est bon prince, il est charitable. Le travail n’est pas une mauvaise chose en soi. Même l’indien d’Amazonie travaille. Il va à la chasse pour se nourrir construit sa maison répond à des obligations sociales etc… Mais il est maitre de ce qu’il engendre et ne travaille pas pour de la rentabilité et ne connaitra jamais le chômage si ce n’est le temps de repos qu’il s’accordera parcequ’ il l’aura décidé. Le fonctionnement de notre civilisation est primaire, l’obligation du travail est la principale source d’asservissement. Alors faut-il retourner vivre dans la forêt ? Non sans doute mais nous devons inventer une autre forme de civilisation et donc d’éducation. Nous devrons certainement recréer des nouveaux réseaux de solidarité communautaire afin de s’affranchir de la dictature de l’obligation du travail sans sens. Il ne faut plus obéir. Il faut désobéir à cette idée : sans travail je ne suis plus rien, je suis inutile. Chômeurs de tous les pays unissez-vous, vous êtes les forces vives des nations…
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Oui je suis d'accord avec ça. pour cesser d'être esclave, il faut s'affranchir de la pensée dominante. Créer de nouvelles représentationS en allant parler avec le clochard, avec le manouche, avec l'exclu. Dire merde à son patron, si on peut, quand on peut. La révolution, c'est la poésie, prendre le temps de regarder les nuages. Briser le dogme ambiant du rationaliste: "surtout ne pas être dans l'émotion" nous disent sans cesse les enseignants. Ben oui! si on écoute ce qu'on ressent, on va réaliser que cette émotion nous dit qu'il est injuste d'exclure les plus faibles du système scolaire, qu'il est stupide de monter les élèves les uns contre les autres quand on peut construite le savoir ensemble dans le plaisir plutôt que seul dans l'ennui. On va ressentir de la colère et de la révolte devant l'injustice et la misère, de la joie et de l'enthousiasme devant la beauté. Alors ne nous laissons pas contaminer par l'émotion: classons, cataloguons, faisons des statistiques, manipulons des concepts, devenons savants, mais cons, manipulables et inhumains.